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tue
tuons
tuez
aie tué
ayons tué
ayez tué
je tue
tu tues
il tue
nous tuons
vous tuez
ils tuent
j' ai tué
tu as tué
il a tué
nous avons tué
vous avez tué
ils ont tué
je tuais
tu tuais
il tuait
nous tuions
vous tuiez
ils tuaient
j' avais tué
tu avais tué
il avait tué
nous avions tué
vous aviez tué
ils avaient tué
je tuai
tu tuas
il tua
nous tuâmes
vous tuâtes
ils tuèrent
j' eus tué
tu eus tué
il eut tué
nous eûmes tué
vous eûtes tué
ils eurent tué
je tuerai
tu tueras
il tuera
nous tuerons
vous tuerez
ils tueront
j' aurai tué
tu auras tué
il aura tué
nous aurons tué
vous aurez tué
ils auront tué
que je tue
que tu tues
qu' il tue
que nous tuions
que vous tuiez
qu' ils tuent
que j' aie tué
que tu aies tué
qu' il ait tué
que nous ayons tué
que vous ayez tué
qu' ils aient tué
que je tuasse
que tu tuasses
qu' il tuât
que nous tuassions
que vous tuassiez
qu' ils tuassent
que j' eusse tué
que tu eusses tué
qu' il eût tué
que nous eussions tué
que vous eussiez tué
qu' ils eussent tué
je tuerais
tu tuerais
il tuerait
nous tuerions
vous tueriez
ils tueraient
j' aurais tué
tu aurais tué
il aurait tué
nous aurions tué
vous auriez tué
ils auraient tué, La question est si complexe pour l’intelligence humaine qu’on aimerait pouvoir y répondre par l’absurde : il se coiffe toujours de la même façon! Mais encore,
Comment se fait-il qu’il soit encore si souvent avorté, le bébé chinois,
Tué, Ou abandonné, tuer Ou encore adopté dans un pays étranger,
Crime ou nécessité,
Droits de l’enfant ou politiques imposées par la collectivité,
voisin La tradition chinoise préférant les bonnes questions aux mauvaises réponses, la planète entière se trouve dès lors mal placée pour répondre. Mais le pédiatre est à sa place quand il pose des questions.
Se préoccuper des affaires humaines, c’est son affaire professionnelle en tant que défenseur des droits des enfants et de leur famille. Dans un sens plus largement civique, c’est également sa responsabilité en tant qu’intellectuel capable d’éclairer des vérités concernant les droits humains, moins par ingérence que par ouverture d’esprit ou propension à l’action. [3] [4]
Depuis 1989, près de 3 000 enfants adoptés en Chine ont été examinés à la Clinique de santé internationale au CHU mère-enfant de l’Hôpital Sainte-Justine. Plus de 99 , de ces enfants chinois étaient chinoises. La pratique clinique, l’enseignement et la recherche scientifique en milieu universitaire commandent ainsi des réflexions qui dépassent le cadre traditionnel de pratique. C’est ce que cet article propose justement : une réflexion qui convient à la pédiatrie qui est et science et humanisme.
La loi du nombre
La démographie chinoise est plus hydre que dragon. Il suffit de traverser la Chine, même vite, pour se rendre compte de la multitude. Au XIIIe siècle, ils sont déjà 100 millions. Quand Mao Zedong est élu président de la République en octobre 1949, il hérite d’un bon 550 millions de sujets, déjà une large part de l’humanité souffrante. Et comme si c’était insuffisant, dans les quatre décennies qui vont suivre, le nombre de bouches à nourrir va doubler, malgré la plus grande famine du siècle qui emporte en Chine, en 1959-1960, autour de quarante millions de têtes. De fait, on dénombre actuellement en Chine 1,3 milliard de Chinois, sans compter ceux qui n’ont jamais été déclarés aux autorités, soit près du quart de la population mondiale en l’an 2000, avec un effectif impressionnant de vieillards mais, en chiffre absolu, des quantités encore plus incroyables de bébés, dont une proportion troublante de garçons. Une génération de fils uniques! [5a] [7a]
Vers la fin de 1995, on aurait recensé en Chine 118,5 hommes pour 100 femmes. En d’autres mots, un Chinois sur six ne trouvera pas de fiancée dans les années à venir. Cette curieuse observation génétique n’a pourtant rien d’étonnant : la surabondance de futurs célibataires mâles privés de frères, de sœurs, d’oncles, de tantes, de cousins et, qui plus est, de cousines, constitue en quelque sorte l’effet yang de la politique de l’enfant unique sur le démantèlement de la cellule familiale chinoise. L’effet yin, si on peut dire, donne pour sa part du fil à retordre aux valeurs fondamentales de la culture humaine. [7b] [8a]
Comment supporter le destin des petites Chinoises avortées prématurément sous appareillage échographique, tuées par leurs parents, nées sans acte de naissance ou encore abandonnées et, en bout de course, pour une très faible minorité d’entre elles, adoptées à l’étranger,
Reconnaissons que l’adoption d’un enfant venu de Chine fait le bonheur de milliers de familles en Occident. Plus de 140 000 enfants adoptés ont émigré aux États-Unis depuis 1986 ; les Américains adoptent environ 16 000 enfants par année dans le monde, principalement en Russie puis en Chine, maintenant plus encore qu’en Corée. Pour leur part, les Canadiens et les Britanniques adoptent surtout en Chine. Les Canadiens adoptent autour de 2 200 enfants par année en pays étranger, dont près de 1 000 par année au Québec, et ce dans plus de 44 pays, mais surtout, comme dans l’ensemble du Canada, en direct de Chine plus que de partout ailleurs. Le nombre d’autorisations de filiation délivrées aux parents adoptants par le Secrétariat à l’adoption internationale du Québec était, pour la Chine, de 2 162 enfants entre 1992 et 1998 au Québec seulement, de 226 enfants en 1992-1993 et jusqu’à 499 enfants en 1995-1996, puis 404 en 1997-1998, quasiment toutes des filles, quelques garçons dits « handicapés » et, jusque-là, de rares garçons sans pathologies annoncées. Puisqu’elles sont adoptées relativement jeunes, souvent avant l’âge d’un an, qu’elles ne sont généralement pas issues de la prostitution, de l’alcool, de la violence familiale, mais simplement du surnombre, ces petites Chinoises, se révèlent, pour une grande proportion du groupe, dans un état de santé extrêmement satisfaisant. La revue de l’expérience internationale, autant que la nôtre au CHU mère-Enfant Ste-Justine, en témoigne d’ailleurs clairement. La faveur et la ferveur des parents adoptants en Chine ne s’en trouvent donc aucunement diminuées. [21] [25]
Selon l’éthique inhérente à la Convention de La Haye sur l’adoption internationale, l’adoption dans un pays étranger ne devrait être envisagée « que si l’enfant ne peut être confié à une famille de son pays d’origine dans l’intérêt supérieur de l’enfant et le respect de ses droits fondamentaux ainsi que pour prévenir l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfants ». Cette convention, entérinée par le Canada et la Chine, reconnaît donc que l’adoption internationale n’est que la dernière des meilleures solutions pour garantir le bonheur des enfants abandonnés, quels que soient les succès apparents de l’adoption en Chine par des étrangers. [26]
Si les parents qui projettent adopter ou réalisent un projet d’adoption en Chine méritent le soutien total des professionnels de la santé, ils ne devraient pas pour autant croire que leur beau geste en arrive à changer les fondements de la destinée des bébés filles en Chine. L’adoption sert au bonheur des familles et de leurs enfants. Sans aucunement porter ombrage à sa portée humaine, il serait exagéré d’y voir à tout coup un humanitarisme garant du sort des bébés excédentaires. Préoccupées par ces questions complexes qui dépassent les frontières de leurs cellules familiales, certaines familles se sentiront embarrassées de participer aux rouages de l’adoption en Chine, mais des centaines d’autres, malgré les imperfections du monde, se diront tout à fait à l’aise de devenir parents d’un enfant qui, autrement, n’aurait peut-être pas survécu.
La Convention relative aux droits de l'enfant
Pour d’autres groupes, non moins activistes mais opposés, eux, à la politique de l’enfant unique, les violations systématiques des droits de l’enfant en Chine, particulièrement ceux des bébés filles, sont une conséquence directement imputable à la limitation des naissances. Ces violations contreviennent à plusieurs articles de la Convention relative aux droits de l’enfant, notamment à l’article 19 qui fait obligation à l’État de protéger ses enfants contre l’abandon et les mauvais traitements, ainsi qu’à l’article 20 qui reconnaît « aux enfants privés de leur milieu familial, le droit à une protection et à une aide spéciale de l’État ». Il est d’ailleurs décevant que cette Convention ne soit que partiellement mise en application en Chine, comme d’ailleurs dans des dizaines d’autres pays du monde. [27a] [29a]
Ces groupes ont réagi notamment en 1996 à la diffusion du fameux reportage de la BBC, accompagnée de la publication d’un rapport de l’organisation Human Right Watch sur un orphelinat à Shangai. Le document de 300 pages faisait état de milliers de morts d’enfants dans les institutions publiques chinoises. Ces associations humanitaires, religieuses ou juridiques reconnaissent le problème de surpopulation en Chine et l’autorité de la Chine dans la gestion de sa démographie, tout comme les défenseurs de la politique de l’enfant unique. Elles reprochent néanmoins, beaucoup plus activement, le traitement intolérable du gouvernement chinois réservé aux filles en surnombre. Elles en appellent au devoir d’ingérence humanitaire des citoyens du monde, les Canadiens y compris, reprochant au discours officiel sur les liens entre commerce international et promotion des droits humains sa trop profonde timidité, voire son inconséquence crasse à causer enjeux économiques sans jamais aborder les engagements solennels entérinés par les États envers la personne humaine. Jean Baudrillard a une jolie façon de résumer cet état de fait : il insiste pour nous révéler que mondialisation et universalité ne vont pas de pair, que la mondialisation sert les techniques, le marché, le tourisme et l’information tandis que l’universalité, de son côté, sert les valeurs, les droits de l’homme, les libertés, la culture, et la démocratie. « La mondialisation semble irréversible, l’universel serait plus en voie de disparition ». [27b] [28] [30]
La loi du milieu
Devant le scandale des orphelinats et le sort des filles de Chine, deux sons de cloche polarisés se sont donc fait entendre et s’entrechoquent encore à tout venant : maintenir ou effacer la politique de l’enfant unique. Deux tendances qui naissent néanmoins d’une problématique commune, à savoir celle de répondre à notre question : et le bébé chinois,

Fidèle à son attitude universelle de conciliation sans provocation, l’Unicef s’engage dans le débat en 1996 en regrettant que l’amélioration du sort des enfants dans les orphelinats chinois s’effectue de manière épouvantablement lente, selon le propre qualificatif de Carol Bellamy, malgré les renseignements antérieurs sur la mort des enfants à Shanghai. La directrice de l’Unicef en profite à l’époque pour réitérer dans les médias que l’approche de l’Unicef « n’est pas de revenir sur le passé, mais de regarder vers l’avenir ». Et d’ajouter : « néanmoins, il y a un vrai problème en Chine. » Même avec les yeux de la médiation, la question du bébé chinois demeure donc sans réponse. [29b] [31]
Mais dans son rapport de 2000 sur la situation des enfants dans le monde, l’Unicef, qui prend ailleurs un virage courageux et beaucoup plus vindicatif, parlant même de scandale et de honte devant la dette des pays en développement, n’abordera jamais la question du bébé en Chine. Pas un mot dans ce document, ou presque, sur le sort des bébés filles en Chine, sur le travail des fillettes en Chine, sur l’éducation des femmes en Chine, sur l’appauvrissement des adolescentes chinoises, sur la prostitution des jeunes filles et la montée du sida, sur le sort réservé aux minorités ethniques et aux femmes des régions autonomes (appréciation de l’auteur). La question du bébé chinois fait peur : si le bébé est petit, la question est complexe. On peut trouver raisonnable ou non l’attitude du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, mais l’Unicef a pourtant le mérite de laisser la question ouverte et la route mieux carrossable. [9e]
Le temps comme loi
Permettons-nous ici une parenthèse comme les Chinois aiment bien le faire quand ils vous racontent une histoire en n’en faisant que le contour.
On connaît cette affaire de pieds bandés. De fait, pendant plus de mille ans, la Chine s’est obstinée à rétrécir les pieds des petites filles riches. Grâce à cette torture spécifiquement chinoise les dispensant des travaux plébéiens, ces enfants de bonne famille se trouvaient ainsi irrémédiablement paralysées à domicile. Cette très cruelle mode de filles pas faciles à sortir, aux pieds rabougris, mutilés puis érotisés, surnommés « lotus d’or », aurait pris naissance à la cour impériale. Simple fantaisie de harem pour les uns, l’étranglement du pied deviendrait néanmoins une véritable déformation anatomique pour d’autres. Au-delà du bon sens biologique, la contrainte devenait obligatoire pour les petites filles. [32a] [35a]
Dès leurs sept ans, on s’appliquait à masser vigoureusement leurs pieds. On repliait ensuite tous leurs orteils, sauf le gros, en les pressant artificiellement contre la plante pour qu’ils adhèrent chaque jour plus que le précédent, tout en prenant soin de bien empaqueter le tout dans des bandages étouffants. Les pieds étaient ensuite coincés dans des chaussures spéciales, de plus en plus étroites à mesure que les pieds se miniaturisaient. Après deux ou trois ans de sévices, les pieds avaient enfin la forme souhaitée, quelque chose comme celle d’un cône dont l’exquise beauté faisait la joie des esthètes. Les pieds handicapés recouverts de pantoufles brodées et parfumées étaient sans pareil pour exciter la curiosité sexuelle. [32b] [35b]
À mesure qu’on avançait dans le XXe siècle, les questions sur la coutume se bousculaient et les réponses justifiant la curieuse pratique se raréfiaient. Pourquoi les pieds bandés, Pourquoi torturer les petites filles, Tant et si bien que des politiques qui datent de 1920 environ auront heureusement eu raison de cette perversité. De fait, dans les années soixante, Zhou Enlai faisait déjà référence à la pratique comme d’une bien vieille coutume du passé. [5h]
L’histoire est très chinoise, bien entendu, mais elle illustre l’intérêt de poser sans répit une question qui demeure si longtemps sans réponse que le problème paraît ne plus exister ou ne plus intéresser personne.
Teilhard de Chardin disait de la Chine que « c’était un bloc plastique et immobile ». Notre incapacité à la comprendre ne viendrait-elle pas de son immobilisme fondamental qui s’oppose à notre idée de la course vers le futur,
tuer L’auteur Guy Sorman rétorquerait par ailleurs « que bien des intellectuels chinois... réfutent absolument ce relativisme culturel ». Y a-t-il vraiment une façon chinoise inéluctable,
tuer Y a-t-il vraiment une manière empire du Milieu de penser aux impératifs sociaux plutôt qu’aux droits individuels, Le proverbe vietnamien « Un Chinois est un Chinois », est-il un non sens,
[5i] [36]
Violentée plus souvent qu’à son tour et cible de tous les impérialismes politiques, religieux, économiques, la Chine demeure malgré tout une petite fille, nous révélant une nature humaine qu’on ne croyait pas si mal connaître. Pour cette seule raison, il faut aimer la Chine. Elle en dit long sur ce que nous sommes et sur les enjeux qui sous-tendent la vie civique aussi bien que la pratique clinique du médecin appelé à soigner des enfants chinois. Proposition : posons donc à la Chine notre question comme un pédiatre la poserait à une vraie petite fille, c’est-à-dire sans attendre obligatoirement de réponse : Et le bébé chinois,
voisin ...